Paris – le 24 avril 2025 Pour les vacances de Pâques, les compagnies aériennes pratiquent une technique bien rodée pour faire face à la hausse des réservations et l’afflux de passagers : le surbooking. Parfaitement légal, ce procédé permet aux compagnies de maximiser leur rentabilité quitte à refuser l’embarquement de certains passagers. Une pratique arbitraire qui laisse sur le tarmac des voyageurs souvent démunis face aux recours possibles. Pourtant, un règlement européen encadre cette pratique et prévoit des droits pour les passagers. Des compensations et indemnisations que les compagnies aériennes rechignent bien souvent à verser.
La surréservation consiste à vendre plus de billets que de places disponibles à bord des avions. Presque toutes les compagnies aériennes sʼadonnent à cette pratique commerciale pour anticiper la défection des passagers.
Le nombre de sièges survendus par vol est estimé à 5 % mais ce pourcentage varie selon la destination, la période de lʼannée et le type de passager. Les voyageurs dʼaffaires ont, par exemple, plus tendance à annuler ou modifier leurs vols à la dernière minute.
Comment éviter le siège éjectable ?
Certaines pratiques et astuces réduisent les risques de refus dʼembarquement. L’anticipation de sa réservation mais surtout de son enregistrement sont des preuves de votre engagement à prendre un vol. Choisir son siège en amont contribue aussi à sʼassurer une place à bord. Bien évidemment, il est préférable dʼéviter les vols les plus demandés (lundi matin, weekend, journées de grands départs, …) et de limiter les correspondances très courtes. Enfin, les membres des programmes de fidélité restent moins susceptibles de se voir refuser lʼembarquement.
Droits des passagers : ces conditions à respecter pour se protéger du surbooking
Inévitablement, cette gestion en flux tendu des sièges disponibles pénalise des voyageurs. En cas de surbooking, les passagers sont protégés par le règlement européen CE 261/2004, qui garantit une indemnisation de 250 € à 600 € lors dʼun refus dʼembarquement et impose aux transporteurs une prise en charge spécifique, sous certaines conditions :
– Être à lʼheure à lʼenregistrement du vol Être en possession dʼune réservation confirmée et dʼun billet
– Être victime dʼun refus dʼembarquement (surbooking) de moins de 5 ans
– Être passager dʼun vol au départ de lʼUnion européenne ou dʼune compagnie aérienne basée dans lʼUnion européenne
De plus, il est vivement conseillé de se rendre à lʼaéroport et de ne pas quitter la zone dʼembarquement afin de ne pas manquer dʼéventuelles informations. Un autre vol peut être proposé à la suite dʼun refus dʼembarquement, mais si le voyageur ne se présente pas alors aucune compensation ne lui sera accordée.
Surprofit : toujours plus de marge et toujours moins de droits ?
Malgré une rentabilité (36,6 milliards $) [1] annoncée comme historique pour 2025, les compagnies aériennes intensifient leurs efforts pour affaiblir les droits des passagers à bénéficier dʼune protection en cas de perturbation. La proposition dʼallonger le seuil de retard ouvrant à une indemnisation, de 3 à 5 heures, exclurait plus de 85 % des voyageurs actuellement éligibles. Un paradoxe alors que des pratiques comme le surbooking maximisent déjà la rentabilité au détriment des passagers.
« Réduction des compensations, allongement des retards indemnisables… Les compagnies aériennes profitent de la méconnaissance des passagers [2] pour menacer leurs droits et accroitre leurs profits. Et pourtant, selon nos estimations, le coût moyen de ces indemnisations ne dépasse pas 0,50 € par billet émis. Une somme dérisoire face aux conséquences bien réelles pour les passagers victimes de perturbations. Pourquoi reculer aujourd’hui sur la responsabilité politique des institutions européennes alors que, depuis 20 ans, lʼEurope prouve quʼil est possible de concilier protection des consommateurs et performance économique ? », sʼinterroge Imane El Bouanani, responsable juridique France de Flightright.

