Chaque année, près de 57 000 étudiants français partent en mobilité dans le cadre du programme Erasmus+. Le premier pays de destination des étudiants inscrits en France reste l’Espagne (18,8 % des mobilités), suivie par l’Allemagne (10,4 %) et l’Italie (9,3 %). Mais derrière l’enthousiasme des séjours d’études et de stage, un enjeu budgétaire concret se cache : les perturbations de vols.
Des perturbations sur les destinations étudiantes populaires :
En 2024, ces trois destinations ont enregistré plus de 4 000 vols affectés par un retard de plus de 3 heures ou une annulation. Selon le règlement européen CE 261/2004, les passagers concernés peuvent prétendre à une indemnité de 250 € par trajet intra-européen. En France, la législation prévoit un délais de prescription de 5 ans après la date du vol pour effectuer une demande d’indemnisation. Une somme qui, pour un étudiant, équivaut à financer un aller-retour supplémentaire pour rentrer voir sa famille ou voyager en Europe. En 2024, les trois liaisons ayant enregistré le plus d’incidents sont la France vers l’Allemagne (790), l’Allemagne vers la France (793) et l’Italie vers la France (739).
Quelques chiffres clés :
France ↔ Espagne : environ 1 100 vols perturbés en 2024, soit plus de 44 M€ d’indemnités potentielles.
France ↔ Allemagne : environ 1 580 vols perturbés, pour près de 63,3 M€ d’indemnités.
France ↔ Italie : environ 1 370 vols perturbés, représentant 54,8 M€ d’indemnités.
« Les étudiants, comme tous les voyageurs, bénéficient des mêmes droits en cas de perturbation. Dès lors qu’un vol est annulé ou arrive avec plus de trois heures de retard, ils peuvent faire valoir une indemnisation. Cette possibilité est ouverte à condition de disposer d’une réservation confirmée et de s’être présenté à l’enregistrement à l’heure. Le règlement européen prévoit un forfait de 250 € à 600 € selon la distance, ainsi qu’une prise en charge par la compagnie (repas, rafraîchissements, hébergement si nécessaire)» rappelle Imane El Bouanani, responsable juridique France de Flightright.
Dans un contexte de crise économique où les étudiants voient leur budget fortement contraint, ces indemnisations représentent une opportunité de préserver le budget étudiant.

