Dans son dernier rapport[1], la commission des finances du Sénat dresse un constat « douloureux mais incontestable » sur la gestion du contrôle aérien français. Celui-ci, opéré par la direction des services de la navigation aérienne (DSNA), a généré à lui seul 6,6 millions de minutes de retard en 2025 soit la plus mauvaise performance d’Europe.
La France, principal point de blocage du trafic aérien en Europe
Et les perspectives ne sont pas encourageantes. Selon Eurocontrol, la France pourrait devenir un point de blocage majeur du ciel européen si aucune mesure structurelle n’est prise. Parmi les griefs identifiés par le Sénat : un manque d’effectifs, une organisation jugée trop rigide par rapport au trafic, l’obsolescence technologique ou encore une durée de formation excessive. Un constat sévère que partage le ministre des Transports, Philippe Tabarot[2], mais également la Cour des comptes qui épingle, elle aussi, les dérives « d’une organisation du travail rigide »[3].
Retards de vols : quels sont les droits des passagers ?
Avec un coût annuel estimé à 800 millions d’euros pour les compagnies aériennes, les difficultés de gestion du trafic aérien français pénalisent en premier lieu les voyageurs. Si, en vertu du règlement européen n°261/2004, ces perturbations relèvent de circonstances extraordinaires et n’ouvrent pas droit à une indemnisation, elles n’exonèrent pas les compagnies de leur obligation d’assistance envers les passagers.
Pourtant, une étude Flightright montre que 59 % des passagers estiment n’avoir reçu aucun soutien de leur compagnie lors d’une annulation ou d’un retard[4]. Or, le règlement européen donne des droits aux passagers, même lorsque le retard ou l‘annulation de leur vol relève de la responsabilité du contrôle aérien :
une prise en charge (repas, boisson et hébergement si nécessaire) ;
ainsi qu’un remboursement ou un réacheminement dans certains cas.
Le règlement européen 261/2004 réaffirme les obligations des compagnies aériennes
Ce règlement de l’Union européenne (n°261/2004) a d’ailleurs récemment fait l’objet d’une réforme réaffirmant les droits des passagers en cas de perturbations, d’annulations de vols ou de refus d’embarquement[5]. Mais ces droits restent trop souvent ignorés, y compris par les compagnies elles-mêmes.
Au-delà du contrôle aérien, les compagnies aériennes doivent aussi assumer leurs responsabilités
Si par exemple les critiques récurrentes du PDG de Ryanair, Michael O’Leary[6], à l’égard du système français de contrôle aérien peuvent parfois trouver un écho légitime, elles ne doivent pas faire oublier une réalité plus large : ce sont avant tout les passagers qui paient le prix des perturbations. Celles-ci ne sont pas uniquement liées aux contrôleurs aériens, et les compagnies doivent elles aussi prendre leur part de responsabilité.
Flightright, plateforme leader dans la défense des droits des passagers aériens, analyse ainsi chaque année les performances des 20 compagnies européennes les plus importantes selon trois critères : la ponctualité des vols, le versement des indemnités et la satisfaction des clients. Le dernier Index Flightright[7] classe Ryanair à la 5ᵉ place des compagnies les moins bien notées, avec une note globale de 2,19/5, et un score particulièrement faible de 1,5/5 concernant le paiement des indemnités dues aux passagers. Au-delà des prises de position publiques, la priorité doit rester le respect concret des droits des voyageurs.
« Les difficultés de gestion d’une compagnie aérienne ou d’un organisme public ne doivent pas se traduire par une situation de non-droit pour les voyageurs. La récente révision du règlement européen 261/2004 a bien réaffirmé ce droit des voyageurs à être assistés et informés face aux aléas du trafic aérien », rappelle Imane El Bouanani, responsable juridique France de Flightright.

