Paris, le 10 mars 2026 – Depuis début mars, les frappes de missiles en Iran entraînent des fermetures d’espaces aériens au Moyen-Orient et des annulations de vols en cascade, avec plus de 7 000 annulations entre vendredi et lundi matin. Flightright, plateforme de défense des droits des passagers aériens, répond aux questions que se posent les voyageurs.
De nombreux passagers au départ ou à destination de l’Europe sont concernés, car l’ampleur de ce conflit ne se limite pas aux seuls aéroports directement fermés ou affectés. Les passagers en correspondance dans des hubs aéroportuaires touchés, comme Dubaï, peuvent également subir de fortes perturbations.
Les vols entre l’Europe et l’Asie sont aussi fortement impactés. Pour rappel, près de 45 % de ces liaisons sont opérées par des compagnies du Golfe. Par ailleurs, les détournements et modifications d’itinéraire peuvent allonger significativement les temps de vol.
Quelle indemnisation des passagers aériens ?
Les passagers au départ d’un aéroport européen ou voyageant sur un vol opéré par une compagnie européenne sont protégés par le règlement CE 261/2004, relatif aux droits des passagers aériens en cas de retard, d’annulation ou de refus d’embarquement.
Ce texte de référence prévoit toutefois que l’instabilité politique constitue une circonstance extraordinaire. Il s’agit d’un événement hors du contrôle des compagnies aériennes, qui peut les exonérer du versement d’une indemnisation en cas de retard, d’annulation ou de refus d’embarquement.
Quelle assistance matérielle pour les passagers bloqués ?
Même si le conflit en Iran constitue une circonstance extraordinaire, les compagnies aériennes restent tenues d’assister les passagers.
Elles doivent notamment prendre en charge les frais de restauration, généralement via des bons d’achat, ainsi que l’hébergement et le transport entre l’aéroport et le lieu d’hébergement lorsque cela est nécessaire.
Quel réacheminement est possible ?
Une circonstance extraordinaire ne dispense pas les compagnies aériennes d’acheminer les passagers jusqu’à leur destination finale dans les meilleurs délais.
Elles doivent donc proposer des solutions de réacheminement, par exemple via d’autres compagnies, des vols indirects ou, lorsque cela est pertinent, des moyens de transport alternatifs comme le bus, le train ou le taxi.
Quels frais peuvent être remboursés ?
Si la compagnie aérienne ne propose pas de prise en charge matérielle ou de solution de réacheminement dans les meilleurs délais, les frais engagés par le passager peuvent être remboursés sur présentation de factures.
À noter : aucune réglementation européenne ni française ne précise de montant maximal pour les nuitées éligibles au remboursement.
Quels passagers bénéficient de la protection du règlement européen ?
Pour bénéficier de l’assistance matérielle, comme l’hébergement ou la restauration, ainsi que d’un réacheminement, le vol doit remplir l’une des deux conditions suivantes : être au départ d’un aéroport européen ou être opéré par une compagnie aérienne européenne.
« Malgré les perturbations massives au Moyen-Orient, le contrat de transport entre le passager et la compagnie aérienne ne change pas. Les compagnies aériennes sont donc tenues d’acheminer leurs passagers jusqu’à leur destination finale. En cas d’attente, le règlement européen prévoit une prise en charge matérielle, circonstance extraordinaire ou non », rappelle Imane El Bouanani, Responsable juridique France chez Flightright.

